À la fin des années ’80, Charles Binamé complète, avec un séjour de trois ans à Londres, un cycle d’une quinzaine d’années passées à réaliser des campagnes publicitaires pour des clients comme Coke, Mac Donald, Bell et Pepsi. À son retour au Québec, il oriente sa carrière vers la réalisation de séries télévisuelles et de longs métrages qu’il écrit la plupart du temps, en collaboration.

 

Ses succès ainsi que les nombreux prix qu’il a récoltés depuis, sont le reflet à la fois d’une tangente d’audace, avec ses films primés dans le nombreux festivals, mais ils signalent également sa capacité à toucher le grand public - avec des films qui rejoignent des sommets de box-office. Ses récompenses indiquent également une signature toute personnelle dans son travail sur les séries pour la télévision.
 

L’essentiel de son approche d’auteur et de réalisateur consiste à se pencher sur des histoires axées sur des personnages forts au plan dramatique. Les nombreux prix et les nominations remportés par les acteurs et les actrices de ses films, témoignent de manière éloquente du fait que son travail sur le jeu, est bel et bien au cœur de ses préoccupations.
 

Après un premier film pour la télévision intitulé Un autre homme (1991), la série Blanche (1992) révèle un premier succès avec des cotes d’écoute record et l’obtention d’un Prix Gémeaux dans la catégorie Meilleure Réalisationainsi que le FIPA d’Or, au Festival des Productions Audio-visuelles, à Cannes.
 

Le film C’était le douze du douze et Chili avait les blues (1994), choisi au Festival du Film de Sundance, est suivi l’année suivante, du long métrage Eldorado qui sera sélectionné à Cannes, à la Quinzaine des réalisateurs et qui le récompensera d’une Distinction spéciale. Le film fera ensuite carrière dans quelques vingt-cinq festivals, à travers le monde.
 

En 1996, Charles Binamé poursuit avec le tournage du second film de sa trilogie urbaine : Le cœur au poing. Sélectionné à Karlovy Vary, il y gagne un doublé rare à ce festival: les prix du Meilleur Film et de la Meilleure réalisation.
 

L’Office National du Film lui fait l’honneur, en 1999, de l’inviter à concevoir et à tourner le Film du 60ème anniversaire de sa fondation.
 

Puis arrive Séraphin, Un homme et son péché en 2002, un film qu’il co-signe et qu’il réalise. Ce film demeure à ce jour, celui ayant atteint le plus vaste public au Québec, engrangeant ainsi près de 10 millions aux guichets. Gagnant de six Prix Jutra et du Billet d’or, le film se mérite également Le Golden Reel du meilleur Box-office aux Prix Génie de 2003.
 

Avec sa première minisérie en anglais, H2O (2004), Binamé remporte le prix du Meilleur travail d’équipe décerné par la Guilde Canadienne de Réalisateurs, ainsi que de nombreuses autres nominations, et particulièrement, tout comme aux Prix Gemini cette année-là également, dans la catégorie Meilleure Réalisation.
 

Hunt for Justice (2004), un téléfilm en coproduction avec l’Allemagne, qui raconte l’histoire de la juge Louise Arbour au Tribunal Pénal de La Haye, lui vaut le Prix du Meilleur film pour la télévision aux Prix Gemini.
 

En 2005, son film Maurice Richard qui reprend le récit du joueur étoile du Canadien évoluant dans le contexte sociopolitique des années cinquante, lui permet de remporter aux Prix Génies de 2007, l’honneur de la Meilleure Réalisation.
 

Avec The Trojan Horse (2006), une minisérie mettant en vedette un candidat illuminé se présentant à la présidence américaine, il reçoit une double nomination de Meilleur Réalisateur par la Guilde des Réalisateurs, ainsi qu’aux Prix Gemini.
 

Au cours des dernières années, Binamé, qui s’est consacré presqu’entièrement aux films et aux séries de télévisions canado-américaines, comme FlashpointRookie Blue et Being Human, a vu sa minisérie Durham County nominée aux Prix Gemini, pour Meilleure réalisation.
 

Parallèlement à son travail en fiction, l'auteur-réalisateur prend occasionnellement la voie du documentaire personnel. Ses deux films, l’un sur le peintre Pierre Gauvreau et l’autre sur le cinéaste Gilles Carle, lui ont mérité respectivement le Prix Gémeaux du Meilleur Réalisateur en 2003, ainsi que le Prix Jutra du Meilleur documentaire en 2006.

Son dernier long-métrage, Elephant Song, tourné en anglais,  met en vedette Xavier Dolan, Bruce Greenwood et Catherine Keener.
 

En mai 2019, il vient de signer la mise en scène de Carmen à l'Opéra de Montréal.

Parallèlement à ses activités, le cinéaste a été présent à plusieurs reprises ces quatre  dernières années à l'INIS, en qualité de chargé au programme de réalisation, comme responsable de lectures dirigées en scénarisation et également en analyse de documentaires.
 
Il a également participé en 2019, comme  auteur et lecteur à Radio-Dodo, ce programme international qui vise à diffuser des contes originaux aux jeunes enfants des camps de réfugiés en Syrie et ailleurs.
 
Charles Binamé développe présentement le projet de film Innocence.